METTEZ UN PEU DE PIMENT!

Publié : 8 années

Avé l’accent

Tout dernièrement, on a reçu au boulot un petit livre intitulé « Putain d’accent ! Comment les méridionaux vivent leur langue » de Françoise Weck. Je l’ai feuilleté en vitesse à la médiathèque et je m’étais promis de l’emprunter pour le lire, c’est désormais chose faite…

putain-daccent

Pour résumer et grossir la chose, Françoise Weck aborde avec ironie : Comment faire pour perdre son accent méridional ?
Elle montre en une centaine de pages qu’elles sont toutes les attaques que le méridional au fort accent chantant subi… Comment oblige-t-on un acteur à perdre son accent pour réussir ? Comment notre accent est-il perçu par le reste de la France ? Comment nous fait-on passer pour des « bouseux » ?

J’ai adoré toutes les petites notes d’ironie à destinations des « parisiens ». Chaque texte est accompagné d’un petit dessin bien parlant et résumant quelques incompréhensions les plus totales. Je pense notamment à notre manière (à nous occitans) d’annoncer les repas ; nous disons le déjeuner, le diner et le souper. Mais pour nos amis du Nord, il y a le petit déjeuner, le déjeuner, le diner (et parfois le souper). Donc chez nous, quand on invite quelqu’un à diner, on lui propose de venir à midi. Mais chez eux, quand on nous invite à diner, on nous propose de venir manger après 19h. Petite histoire qui apparemment est arrivée à plus d’un, puisque ma collègue m’a avoué qu’elle avait invité des parisiens à diner, et que le jour J à midi, elle patientait et voyant l’heure passée, les appela pour leur rappeler qu’ils étaient attendu. Et voilà qu’ils répondirent : « Oui oui, nous n’avons pas oublié mais vous préférez que nous venions plutôt vers 19h ou vers 20h! »

Le livre traite ainsi plusieurs termes et expressions qui portent à confusion d’un point cardinal à un autre. Elle utilise essentiellement des expressions de Provence et donc d’un occitan provençal et non languedocien, mais on les comprend bien et on s’y reconnait forcément dedans. Qui ne craint pas degun ?

Plusieurs passages m’ont rappelé une interview de Michel Galabru qui disait être frustré qu’on l’ait coltiné à des rôles de sudistes, paysans, rigolos… Tout ça parce qu’il a un bien bel accent et qu’on lui a collé un style de personnage correspondant à son accent. Pour preuve, il suffit de se remémorrer son dernier succès chez les ch’tis ou un peu plus lointain lorsqu’il était l’adjudant des gendarmes de St-Trop’.
Pourquoi est-ce que le débile de service doit avoir l’accent ? Pourquoi est-ce qu’avoir un accent nous empêche de faire de la télévision ou de la radio ? Pourquoi le savon de Marseilleeeeuu (ou la lessive senteur pêche) doit être présenté avec un accent autant prononcé ?

Non pas pour coller à la marque mais pour abuser du consommateur… Bé oui, ça fait plus de Marseille avec l’accent… Donc le parisien va se dire « ça c’est une vrai marque du sud, c’est pas du pipo ! ». Mais dans ce cas, pourquoi ne pas présenter le café ou le yaourt avec notre accent ? Un yaourt, ça fait pas assez mer et soleil.
Notre accent est proscrit dans les médias, c’est tout juste si on peut voir nos informations régionales avec un présentateur caractéristique de chez nous. Non, ils préfèrent nous mettre des présentateurs à l’accent neutre, à l’accent des plus communs celui qui passe partout ! Ou alors on nous coltine à commenter les matchs de rugby, bé oui le rugby ça fait bien avec l’accent du sud !

Ce ne sont que des clichés donnés par la société… Pourquoi devrions-nous avoir honte de notre accent ? Celui qui fait qui nous sommes ! En tout cas, moi je veux pas le perdre, je le préserve, je veux qu’il vive encore longtemps, qu’il chante comme les cigales…

Gardarem l’accent !

2 Commentaires.
  1. Nicozen dit :

    C’est bieng !

  2. GéGé dit :

    ça peut paraître bizarre, mais y a un article qui vient de sortir sur ce livre et ce sujet dans le Midi Libre de dimanche… Je suis bien ancrée dans l’actualité, Midi Libre et moi, on parle des mêmes choses lol !

Laisser un commentaire ?

Some HTML is OK