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Publié : 8 années

Invictus

Lundi soir, j’ai embarqué Tatave et quelques copines du rugby pour aller voir le dernier film de Clint Eastwood : Invictus.

On s’est habitué à voir du grand Clint Eastwood depuis quelques années, il faut bien avouer que sa filmographie s’agrandit et qu’elle commence à comporter quelques incontournables avec notamment Mystic River (2003), Million Dollar Baby (2004) ou le plus récent Gran Torino (2008).

Invictus est un rappel historique abordant l’arrivée de Nelson Mandela à la tête de l’Afrique du Sud. D’ailleurs le début du film, le fait rapidement comprendre puisque nous sommes le 11 février 1990, jour de la libération de Nelson Mandela après qu’il est passé 27 ans derrière les barreaux. Dans cette scène, on comprend immédiatement le thème qui va être abordé dans le film, la voiture de Mandela passe à proximité de 2 terrains qui se font face à face : le premier, bien entretenu avec du beau gazon vert, est occupé par une équipe de rugby composée de joueurs blancs et le second, recouvert d’une terre poussiéreuse, est occupé par de jeunes noirs jouant au football. Chaque terrain est délimité par du grillage et cette route qui les sépare, est tracée telle une frontière entre deux Nations, la Nation blanche et la Nation noire, que Nelson Mandela va essayer de réunir en une seule et unique Nation : la Nation Sud-Africaine.

Nelson Mandela accède au pouvoir en devenant le premier président noir d’Afrique du Sud, il a beaucoup à faire pour remettre son pays sur le droit chemin et son premier grand ouvrage est de rallier les noirs et les blancs. En effet, depuis l’apartheid, chaque peuple se hait, près à s’entretuer à la moindre erreur. Mandela va alors utiliser le sport comme outil politique, et en l’occurrence le rugby (sport roi des blancs en Afrique du Sud) afin de établir « la paix » au sein de la « rainbow nation » ou « nation arc-en-ciel » (ça m’a rappellé l’époque du black-blanc-beur). Pour cela, il va demander au capitaine des Springboks, François Piennar joué par Matt Damon (qui comme me l’a signalé Tatave avait du faire beaucoup de séances de musculation pour obtenir un tel corps d’athlète), de motiver son équipe pour remporter la coupe du monde de rugby 1995. A préciser que l’équipe sud-africaine n’avait à cette époque qu’un seul joueur de couleur noire dans l’équipe : Chester Williams. Vous imaginez la fin de l’histoire puisqu’elle est déjà écrite, en effet les Springboks ont remporté cette coupe du monde face aux All Blacks.

Une petite séquence avec la bande annonce d’Invictus en version française :

Nelson Mandela est joué par un grand Morgan Freeman, un bon Nelson Mandela : calme, posé, réfléchi, attentionné, patient… Le prix Nobel de la Paix par excellence, je me demande si l’homme était véritablement comme ça.

Au delà de ce si beau scénario adapté du livre Playing the Enemy: Nelson Mandela and the game that made a Nation de John Carlin, on retrouve un film à la sauce américaine où tous les mauvais aspects semblent avoir disparus. Cette période historique semble avoir été parfaite pour Nelson Mandela et l’équipe des Springboks. On en oublie presque toutes les suspicions liées au parcours de l’équipe d’Afrique du Sud qui a éliminé la France en demi-finale lors d’une rencontre plus que contestée par des essais refusés ou l’information selon laquelle tous les joueurs de la Nouvelle-Zélande, finalistes perdants de la compétition, ont été empoisonnés un jour avant la finale. Ou se trouve le vrai du faux, nous n’en avons, encore à ce jour, aucune idée !

Concernant les passages rugbystiques, je les ai trouvé un peu clichés… Chaque contact étant accompagné d’un gros « BOUM » sonore, signalant l’impact physique entre deux joueurs. Ces bruits deviennent lassants car ils sont trop nombreux, trop fréquents… Etait-il indispensable de rappeler que c’est un sport d’hommes ? J’ai noté aussi quelques erreurs dans les décisions arbitrales, signalant par exemple une pénalité qui se transforme en engagement. Par contre, il est bon de signaler que Clint Eastwood avait certainement regardé les matchs en détails car le déroulement du match est repris point par point dans le film. On notera aussi le respect de la consigne « anti-Lomu », visant à empêcher l’ailier néo-zélandais d’avancer avec le ballon. Je précise aussi que la ressemblance de l’acteur avec Jonah Lomu m’a bien fait rire !

Certains se demandent peut-être d’où vient le titre : Invictus ?
Et bien c’est un poème de l’écrivain William Ernest Henley qu’a découvert Nelson Mandela lors de son emprisonnement. Il l’a lu et relu, et l’a ensuite transmis à François Pieenar afin de l’encourager dans son rôle de capitaine. Et c’est de là que provient cette citation : Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme, que vous avez du lire une paire de fois sur Facebook.

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