METTEZ UN PEU DE PIMENT!

Publié : 7 années

Le Président

Je ne suis pas politique, c’est, comme pour beaucoup de jeunes (et moins jeunes), un sujet qui ne m’intéresse pas. Pourtant, j’ai suivi d’un peu plus prés les élections régionales 2010, et je me suis surtout pré-occupée des élections de ma région : Languedoc Roussillon. Bien sur parce que c’est ma région et que j’y vis chaque jour, mais aussi parce que mon ancien job était plus ou moins lié à ces élections… Non pas que le rôle que j’occupais avec une importance, pas du tout, simplement que de là où j’étais, j’ai pu voir et observer les stratégies des différents camps, les retournements de situation, les avis des uns et des autres, les changements de camps…

C’est pour ça que je voulais voir le film-documentaire Le Président de Yves Jeuland, tourné pendant les campagnes régionales et exclusivement consacré à la campagne de Georges Frêche. J’attendais de savoir où il serait diffusé quand je l’ai vu annoncé à l’affiche dans l’un des cinémas de Béziers, je me suis dit qu’il fallait y aller. Pour info, dans la salle, j’étais la seule « jeune », disons que le reste des spectateurs avait plutôt entre 40 et 60 ans. C’est là qu’on se rend compte que les jeunes se moquent complètement de la politique.

Affiche - Le PrésidentLe Président, on y découvre les dessous de la politique dans toute sa splendeur. On peut lire au début du film que Georges Frêche à renoncer à exercer un droit de regard sur le film terminé. Ça peut paraître bizarre, et honnêtement on se dit forcément que quelqu’un à valider la version du film avant les centaines de projections dans tout l’Hexagone.
Et pourtant, le film se lance et on y découvre la politique menée par Georges Frêche et son cabinet, ce côté politique dont les gens parlent souvent sans trop savoir exactement ce qui s’y passe. Comprenez, on dit souvent que les politicards sont tous des menteurs et de fins acteurs lorsqu’il s’agit d’obtenir un peu plus de pouvoir. Et bien, c’est exactement ce qu’on découvre dans Le Président.
Un Président de région, Georges Frêche, menant sa nouvelle campagne aux côtés de son cabinet et personne n’a sa langue dans la poche. Les propos fusent à tout va, ils sont moqueurs, narquois, ironiques… Tous les opposants (ou presque) y passent : Martine Aubry est une « pauvre conne ». Pendant les élections, elle a lancé une contre offensive en Languedoc Roussillon, elle a exclu tous les Frêchistes du PS et a lancé une contre candidature autour d’Hélène Mandroux. Cette dernière en prend aussi pour son grade et même plus, elle devient la risée du cabinet et les blagues à son égard ne manquent pas. Passage qui m’a le plus marqué, Georges Frêche lit le Direct Montpellier, un journal gratuit, Héléne Mandroux en fait la Une avec une photo qui n’est pas vraiment à son avantage. Georges Frêche se lance, rigole et affirme que le journal l’aide en diffusant une photo où elle est … aussi moche. Et encore, je ne vous dis pas tout car Hélène Mandroux est une star dans le film, on ne la voit pas, mais on en entend parler.

Dans Le Président, Georges Frêche paraît fidèle à lui même, tel qu’on le connaissait dans la région mais aussi tel qu’il était perçu par les hexagonaux. Il va-et-vient dans la région et visite Paris pour faire face aux journalistes. Là dessus, j’avoue qu’on voit une sacrée différence entre Georges Frêche perçu côté Languedoc Roussillon et Georges Frêche perçu coté National. Rien à voir !
On a l’impression qu’il existe 2 personnages différents, l’un apprécié dans sa région et l’autre détesté par la France. J’ai trouvé ça presque démesuré. Au moment des faits, je n’avais pas trop fait attention à cet aspect, peut-être parce que je ne lis pas les journaux nationaux et que je ne regarde jamais la TV. J’ai donc du passer à côté de cette différence si marquée. Mais sur le plan local, croyez-moi, les journaux locaux vantant les frasques de Georges Frêche, je les ai lu. Au boulot, c’était même l’attente de découvrir la dernière de Georges Frêche puis d’attendre la réponse de l’opposant(e).

Déjà connu pour son franc parler, je ne reviendrai pas sur les harkis qualifiés de « sous hommes » suivi de l’équipe de France de football dite un poil trop « colorée », il a pendant sa campagne lancé une autre pique qui a fait mouche en disant que Laurent Fabius n’avait pas une « tronche très catholique ». C’est un peu le point culminant du film qui relance la campagne électorale de Frêche jusque là un peu trop facile. Il est exclu du PS avec tous ses amis socialistes, et doit revoir toute sa campagne. Et dès lors s’enchaîne nouvelles tactiques, nouvelle communication, plateaux TV et affronts en tout genre.
Georges Frêche n’a pas pu voir le film puisqu’il est décédé le 24 octobre 2010. Là aussi, un aspect bizarre dans le film, a un moment donné, il prétend qu’il sera toujours là et que certains voulant sa peau, ne l’auront pas encore. Vraiment bizarre de l’entendre dire qu’il survivra à ces affronts alors qu’on le sait mort.

Je crois avoir plus rit que pour certaines comédies, et je n’étais pas la seule, la plupart des personnes se sont marrées devant le jeu d’acteur de Georges Frêche. Oui oui, on peut dire jeu d’acteur même si c’était bel et bien la réalité.
Je sais pas si je dois vous le conseiller ou pas… Allez le voir si ça vous chante. Mais certains en ressortiront écœurés par les stratégies adoptées… écœurés par la politique. On peut le dire comme ça !
Personnellement, je ne regrette pas de l’avoir vu. Bref j’ai revécu ces élections d’un autre point de vue et j’ai pu les lier aux différentes choses de mon vécu.

1 Commentaire.
  1. Maime dit :

    Je l’ai vu aussi ce film. Il est bien fait, il nous montre comment travaille les politiques, la com’, les attaques sur les un et les autres. Ton résumé est très bon mais tu as oublié quelque chose qui moi m’a marqué. Peut-être parce que je suis très politisé, que je m’intéresse beaucoup à tout ça même s’ils me dégoutent des fois (enfin que ça m’afflige plutôt). Ce sont les petites statues sur le bureau. Les références de Frêche : Gandhi, de Gaulle, Churchill et… Lénine et Mao !

    Les « communiquants » passent leur temps à les enlever, à lui dire qu’il ne faut pas qu’il parle des statues qu’il veux faire ériger… Et lui, il les remet toujours, il en parle. Deux phrases que je retiens autour de cela : « Vous savez que j’ai été secrétaire général du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de France ? Eh ben j’ai fait trois élections sérieuses, que j’ai perdu et après pleine de rigolote… ». et à la fin du film « Vive Lénine ! C’est toute ma jeunesse ça… ». Je cite de mémoire, je peux me tromper mais en gros c’est ça.

    Voilà un type, un ténor du PS, président de région, qui ne veut pas lâcher ces idées de jeunesse, qui considère que faire une élection c’est pas sérieux (mais qu’au PCMLF, un parti maoïste, c’est sérieux) comme s’il avait laissé tomber l’idée de faire la révolution, de changer le monde vraiment, tout en continuant à y croire mais en se disant que ce n’est pas réalisable… Et alors tant pis, on prend le pouvoir en racontant des histoires de cul plutôt qu’en faisant réfléchir les gens…

    Je me demande ce qu’il pensait vraiment, les idéaux qui ont guidé ces choix politiques pour que ressorte quelque chose qui ressemble à une déception.

Laisser un commentaire ?

Some HTML is OK